Correction examen de capacité de transport : Sujet officiel 2025 – Gestion financière

La gestion financière, c’est l’autre gros morceau de l’examen de capacité de transport. À elle seule, elle peut représenter plus de 30 points sur les 120 nécessaires pour passer. Et c’est aussi la matière où les candidats se plantent le plus, par manque de méthode systématique.
Dans ce cours, on déroule ensemble la correction complète des questions 2 à 5 du problème 2 du sujet 2025, soit 37 points en jeu. Au programme : amortissement, soldes intermédiaires de gestion, délais de paiement et équilibre financier. C’est exactement le type de préparation qui permet à 9 stagiaires sur 10 chez France Capacité d’obtenir leur attestation.
Voir la correction commentée en vidéo :
Question 2 — L’amortissement d’un véhicule d’occasion
L’énoncé porte sur l’amortissement d’un véhicule d’occasion acquis pour 88 704 € HT. Point fondamental à retenir : l’amortissement démarre non pas à la date d’achat (5 février 2025), mais à la date de mise en service effective, soit le 25 mars 2025. Cette distinction est une erreur fréquente dans les copies.
La durée d’amortissement est de 4 ans. S’agissant d’un véhicule d’occasion, la méthode linéaire s’applique obligatoirement.
L’exercice comptable est classique : 12 mois pleins du 1er janvier au 31 décembre, et les calculs se font sur une base de 360 jours (12 mois de 30 jours pour simplifier).
Calcul de la dotation annuelle constante
La dotation annuelle se calcule en divisant la valeur d’origine par la durée :
88 704 ÷ 4 = 22 176 €/an
C’est le montant de l’amortissement d’une année complète.
Application du prorata temporis sur 2025
Le véhicule étant mis en service le 25 mars, il faut compter les jours d’amortissement réels de la première année. Avec la base 360 jours :
- Mars 2025 : 6 jours (du 25 au 30, on retranche les 24 premiers jours du mois)
- Avril à décembre 2025 : 9 mois × 30 jours = 270 jours
- Total 2025 : 276 jours
La dotation 2025 = 22 176 × (276/360) = 17 002 €
Années pleines : 2026, 2027 et 2028
Ces trois exercices sont des années complètes de 360 jours. La dotation reste constante à 22 176 € pour chacune.
Dernière année : 2029 (complément)
Il reste 360 – 276 = 84 jours à amortir.
Dotation 2029 = 22 176 × (84/360) = 5 174 €
Tableau d’amortissement complet
| Année | Jours | Dotation | Cumul | VNC |
|---|---|---|---|---|
| 2025 | 276 | 17 002 € | 17 002 € | 71 702 € |
| 2026 | 360 | 22 176 € | 39 178 € | 49 526 € |
| 2027 | 360 | 22 176 € | 61 354 € | 27 350 € |
| 2028 | 360 | 22 176 € | 83 530 € | 5 174 € |
| 2029 | 84 | 5 174 € | 88 704 € | 0 € |
Les 3 règles à retenir sur l’amortissement
- L’amortissement démarre toujours à la mise en service, jamais à la date d’achat.
- La première et la dernière année font systématiquement l’objet d’un calcul au prorata temporis (sauf si la mise en service a lieu le 1er jour de l’exercice).
- Le cumul des amortissements doit égaler la valeur d’origine et la VNC finale doit être nulle.
Simulateur d’amortissement linéaire
Calcul automatique avec prorata temporis (base 360 jours)
Tableau d’amortissement
| Année | Jours | Dotation | Cumul | VNC |
|---|
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Question 3 — Les soldes intermédiaires de gestion (SIG)
L’objectif est de calculer trois indicateurs majeurs sur deux exercices N et N-1 : la valeur ajoutée, l’excédent brut d’exploitation (EBE) et la capacité d’autofinancement (CAF). Pour chacun, on calcule aussi son poids relatif sur le chiffre d’affaires et on compare au seuil de référence du secteur.
La valeur ajoutée
Elle mesure la richesse créée par l’entreprise.
Formule : VA = Chiffre d’affaires − Consommations intermédiaires
Les consommations intermédiaires regroupent les achats consommés et les autres achats et charges externes.
Année N : 1 303 717 − (147 479 + 428 894) = 727 344 €, soit 56 % du CA.
Année N-1 : 1 358 104 − (142 361 + 452 001) = 763 742 €, soit 56 % du CA.
La valeur ajoutée reste stable à 56 % du CA sur les deux exercices. C’est un excellent résultat puisque le seuil de référence dans le secteur du transport se situe au-dessus de 50 %. L’entreprise crée de la valeur de manière constante et performante.
L’excédent brut d’exploitation (EBE)
Il représente le résultat opérationnel avant éléments financiers et exceptionnels.
Formule : EBE = VA + Subventions d’exploitation − Impôts et taxes − Salaires − Charges sociales
Année N : 727 344 − 5 483 − 306 692 − 82 927 = 332 242 €, soit 25,49 % du CA.
Année N-1 : 763 742 − 6 752 − 294 812 − 80 041 = 382 137 €, soit 28,13 % du CA.
L’analyse révèle deux points. D’abord un constat positif : les deux ratios dépassent le seuil minimal de 25 % requis dans le secteur. Mais aussi un point à surveiller : l’EBE diminue de près de 3 points entre N-1 et N. Cette baisse s’explique par une hausse de 4 % des charges de personnel (recrutements ou augmentations) qui pèse sur la rentabilité opérationnelle.
La capacité d’autofinancement (CAF)
Elle mesure les ressources internes générées par l’activité.
Formule complète : CAF = Résultat net + Dotations + VNC des éléments cédés − Produits de cession − Reprises sur amortissements et provisions
Année N :
- Résultat net : 236 453 €
- Dotations aux amortissements : 42 465 €
- VNC des immobilisations cédées : 3 860 €
- − Produits de cession : 119 038 €
- Dotations exceptionnelles aux provisions : 18 000 €
- − Reprises sur amortissement : 4 121 €
- − Reprises sur provision : 6 200 €
- CAF N = 271 419 €, soit 21 % du CA.
Année N-1 :
- Résultat net : 182 926 €
- Dotations : 32 964 €
- − Produits de cession : 42 202 €
- − Reprises sur amortissement : 2 304 €
- CAF N-1 = 171 384 €, soit 13 % du CA.
L’évolution est remarquable. La CAF progresse de 8 points de pourcentage entre les deux exercices. En N-1, le ratio de 13 % était préoccupant car largement inférieur au seuil de 20 % recommandé. En N, l’entreprise redresse la situation avec un ratio de 21 % repassant au-dessus du seuil critique. Cette amélioration témoigne d’une meilleure génération de ressources internes.
Synthèse des SIG
La valeur ajoutée reste stable à 56 % sur les deux exercices, nettement au-dessus du seuil de 50 %. L’EBE s’établit à 25,49 % en N et 28,13 % en N-1, tous deux supérieurs au seuil de 25 % mais avec une baisse à surveiller. La CAF passe de 13 % en N-1 à 21 % du CA en N, franchissant le seuil critique de 20 %. Le bilan global est positif avec une amélioration notable de la génération de trésorerie.
Question 4 — Les délais de paiement
L’analyse des délais de paiement repose sur deux formules. Le coefficient 1,2 permet d’intégrer la TVA à 20 %.
Le délai fournisseur
Formule : (Dettes fournisseurs ÷ Achats et charges externes TTC) × 360
Année N : 128 710 ÷ ((147 479 + 428 894) × 1,2) × 360 = 67 jours
Année N-1 : 130 132 ÷ ((142 361 + 452 001) × 1,2) × 360 = 66 jours
Les délais fournisseurs restent stables autour de 66-67 jours. L’entreprise règle ses fournisseurs dans des délais constants.
Le délai client
Formule : (Créances clients ÷ Chiffre d’affaires TTC) × 360
Année N : 247 260 ÷ (1 303 717 × 1,2) × 360 = 57 jours
Année N-1 : 297 348 ÷ (1 358 104 × 1,2) × 360 = 66 jours
Le délai client s’améliore de 9 jours entre N-1 et N. L’entreprise encaisse plus rapidement, ce qui constitue un point positif pour la trésorerie.
Le point critique : la réglementation transport
Dans le secteur du transport routier de marchandises, la réglementation fixe un délai de paiement maximal de 30 jours. Or, l’entreprise affiche 57 jours en N et 66 jours en N-1, soit respectivement +27 et +36 jours au-dessus du plafond légal.
Les conséquences sont triples : un BFR artificiellement gonflé, une trésorerie disponible réduite, et une exposition à des risques de pénalités et litiges commerciaux.
Les 3 actions prioritaires à mettre en œuvre
1. Instaurer un système de relance systématique et automatisé. Les relances doivent intervenir à J-7 avant l’échéance, à J-3, puis à J+1 en cas de dépassement.
2. Envisager le recours à l’affacturage. Ce mécanisme permet d’obtenir un paiement immédiat de 80 à 90 % du montant des factures, moyennant un coût de 1 à 3 % du CA. L’amélioration de trésorerie compense largement ce coût.
3. Accélérer la facturation. Les factures doivent être émises dans les 24 à 48 heures suivant la prestation. Action complémentaire : proposer un escompte pour paiement anticipé (par exemple 2 % de remise pour règlement à 15 jours).
Question 5 — L’analyse de l’équilibre financier
Trois indicateurs à calculer, avec une vérification croisée pour la trésorerie nette.
Le fonds de roulement net global (FRNG)
Il mesure l’excédent des ressources stables sur les emplois stables.
Formule : FRNG = Capitaux propres + Provisions + Emprunts − Concours bancaires − Actif immobilisé
Année N : 462 190 + 18 000 + 370 000 − 7 502 − 266 297 = 576 391 €
Année N-1 : 427 554 + 6 200 + 691 731 − 0 − 296 683 = 828 802 €
Le FRNG reste largement positif sur les deux exercices, ce qui témoigne d’une structure financière saine. Il diminue toutefois de 30 % entre N-1 et N, baisse expliquée principalement par le remboursement massif d’emprunts à hauteur de 321 000 €. L’entreprise utilise sa trésorerie pour se désendetter — stratégie financière saine.
Le besoin en fonds de roulement (BFR)
Il mesure le décalage entre emplois et ressources d’exploitation.
Formule : BFR = Actif circulant − Disponibilités − Dettes fournisseurs − Dettes sociales et fiscales − Autres dettes
Année N : 788 823 − 541 563 − 128 710 − 75 601 − 619 = 42 330 €
Année N-1 : 1 024 697 − 727 349 − 130 132 − 65 584 − 179 = 101 453 €
Le BFR reste positif mais diminue de 58 % entre N-1 et N. Cette réduction importante témoigne d’une excellente gestion du cycle d’exploitation, en lien direct avec la réduction des délais clients de 9 jours vue précédemment.
La trésorerie nette (avec double vérification)
Deux méthodes de calcul permettent de vérifier la cohérence.
Méthode 1 : TN = FRNG − BFR
Méthode 2 : TN = Disponibilités − Concours bancaires courants
Année N — Méthode 1 : 576 391 − 42 330 = 534 061 €
Année N — Méthode 2 : 541 563 − 7 502 = 534 061 €
✅ Les deux méthodes donnent strictement le même résultat.
Année N-1 — Méthode 1 : 828 802 − 101 453 = 727 349 €
Année N-1 — Méthode 2 : 727 349 − 0 = 727 349 €
✅ Cohérence confirmée également.
Cette double vérification est essentielle à l’examen. Elle prouve la fiabilité des calculs et permet de détecter d’éventuelles erreurs.
Bilan de l’équilibre financier
Le FRNG passe de 828 802 € en N-1 à 576 391 € en N (-30 %). Le BFR passe de 101 453 € à 42 330 € (-58 %). La trésorerie nette atteint 534 061 € en N contre 727 349 € en N-1 (-27 %).
Quatre enseignements se dégagent : le FRNG reste largement positif, garantissant une structure équilibrée. La forte réduction du BFR témoigne d’une amélioration significative du cycle d’exploitation. La trésorerie reste très confortable à 534 000 €, malgré une baisse liée au désendettement. L’entreprise mène une politique financière cohérente en utilisant sa trésorerie excédentaire pour rembourser ses emprunts et investir.
L’entreprise présente une situation financière très saine avec des équilibres respectés et une gestion dynamique de ses ressources.
Récapitulatif des points clés
Sur l’amortissement : départ à la mise en service, prorata temporis en première et dernière année, cohérence entre cumul et valeur d’origine.
Sur les SIG : valeur ajoutée stable à 56 %, EBE au-dessus du seuil malgré une baisse, CAF en nette amélioration à 21 %.
Sur les délais de paiement : point critique avec un dépassement significatif du délai réglementaire de 30 jours (57 jours constatés). Trois actions prioritaires : relances automatisées, affacturage, facturation rapide.
Sur l’équilibre financier : tous les indicateurs restent positifs — FRNG solide, BFR en forte baisse, trésorerie confortable à 534 000 €.
Méthodologie pour réussir l’examen
Pour réussir ce type d’examen, suivez ces principes :
- Présentez systématiquement vos calculs étape par étape avec les tableaux donnés.
- Apprenez les formules par cœur : elles constituent la base du raisonnement.
- Analysez toujours vos résultats : un chiffre seul ne suffit jamais.
- Comparez systématiquement aux seuils et normes du secteur.
- Proposez des actions concrètes et opérationnelles lorsque la question le demande.
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